Don Juan
ou la Solitude

1936
Metteur en scène :
Ernest Fournier
Texte :
Georges Oltramare

Créée avec succès à la Comédie en novembre 1925, remaniée pour la Compagnie Jean-Bard en 1927, version pour laquelle il remporte le prestigieux Prix Schiller, reprise à la Comédie en mars 1936 avec un nouvel acte III puis jouée au Théâtre de l’Œuvre en juin de la même année, Don Juan ou la Solitude, fidèle au mythe, triomphe en chacune de ses réécritures.

De l’intérêt de la reprise du III

« Le vaudeville qui entre au couvent… empruntés au Pilori des mots et des facéties qui tombent là, Dieu me pardonne ! comme des cheveux sur la soupe… Des idées qui ne sont que de grands mots, et de bons mots qui sont autant de fautes de goût… »

« Son Don Juan a plutôt la figure d’un funèbre cuistre que le maintien d’un athée illustre. Comment M. Oltramare a laissé échapper cet acte, je l’ignore », s’étonne René-Louis Piachaud dans le Journal de Genève à l’issue de la création, en novembre 1925, alors que « pour le dessin, le mouvement, le style, ce premier acte de Don Juan fut, selon lui, un événement dans nos lettres. »

Tombé d’accord, l’auteur substitue dix ans plus tard deux actes à ce IIIe jugé grossier et déplacé. Passent-ils la rampe ?

«Le Don Juan d'Oltramare est un cynique où s'incarne ‘l'inquiétude moderne’: elle est proprement tragique, et, en le vouant sans espoir de retour à ses vices, à ce consentement sinistre et désespéré à la vie ‘sans âme’, le moraliste, c'est-à-dire M. Oltramare achève, par un trait saisissant, son admirable pièce», loue M. Piachaud.
Suivant l’enthousiasme général, il conclut « avec le chevalier de la Critique de l’Ecole des femmes: ‘Voilà justement ce qu’il nous faut pour le dénouement que nous cherchions.»

Eugène Fabre, du Journal La Suisse

 Eugène Fabre,
rédacteur en chef de La Suisse

« Par bonheur, don Juan trouva en M. Sardet un interprète remarquable.
Il était juste que cet artiste, que la direction de La Comédie semble s’être ingéniée à oublier durant toute la saison, trouvât sa revanche.
Elle fut magnifique. »

La Suisse, 03.1936.

Georges Oltramare (1896-1960)

« D'aucuns voulurent trouver des intentions politiques dans un drame qui est avant tout et presque uniquement l'expression des doutes et des expériences de son auteur. Tendez un jour la main (à la politique), et elle ne cessera de vous poursuivre jusque dans les œuvres auxquelles vous vous êtes donné pour l'oublier. »

Journal de Genève

« Ah ! quelle terrible compagnonne que la politique ! »

En 1919, l’étudiant en droit genevois embrasse une carrière littéraire prometteuse : montées à Paris et à la Comédie, ses pièces y obtiennent un beau succès. Licencié de La Suisse en 1923 pour ses pamphlets antisémites, Georges fonde dans la foulée la feuille satirique antisémite Le Pilori, publiée jusqu’en 1940, puis un mouvement fasciste avec lequel il rejoint le Grand Conseil. Il rencontre Mussolini, travaille à Paris pour la presse et la radio d’occupation. Arrêté en 1945 à Kreuzlingen, il est condamné à trois ans de détention par le Tribunal fédéral, et condamné à mort par contumace en 1950, à Paris, pour collaboration.

Distribution

1936, DON JUAN OU LA SOLITUDE

De Georges Oltramare
Production Comédie

Mise en scène : Ernest Fournier
 

Distribution :
Don Juan : Gabriel Sardet
Octave : M. Chasalles
Don Louis : M. Parmelin
Sganarelle : Alfred Penay
L’Abbé : M. Portier
Elvire : Mme Anderson
Charlotte : Mme Dominique
Rosine : Marthe Allasia